2025 n’a pas été une année confortable pour tout le monde. Mais au fil des échanges, des accompagnements et des discussions que j’ai eu la chance d’avoir, une constante s’est dégagée : pour une majorité, elle a été exigeante, parfois dérangeante, souvent révélatrice.

Elle a mis sous tension des équilibres déjà fragiles, imposant des décisions à prendre sans toutes les certitudes et des contextes à piloter alors même qu’ils continuaient d’évoluer. À cela se sont ajoutées des tensions plus intimes : des doutes, des remises en question, des moments où il a fallu regarder ce qui résistait en soi autant qu’autour de soi.

La vie, elle, a continué à suivre ses propres cycles. Des naissances sont venues ouvrir de nouvelles trajectoires. Des départs ont rappelé que certains passages ne se négocient pas. Des projets se sont arrêtés, tandis que d’autres ont émergé là où on ne les attendait pas.

Apprivoiser ce que l’année nous a opposé

Dans ce contexte, l’enjeu n’a pas été de simplifier à tout prix, ni d’imposer une direction par la seule volonté. Il a plutôt consisté à apprendre à lire les situations telles qu’elles se présentaient, à faire avec ce qui était là, à en décoder les tensions et à apprivoiser ce qui résistait.

Apprivoiser une situation ne signifie pas s’y soumettre. Cela suppose de l’observer sans la nier, de comprendre ce qu’elle révèle et d’ajuster sa manière d’agir. C’est une posture active et exigeante, qui mobilise autant la lucidité que la présence.

À mesure que l’année avançait, une chose est devenue plus claire : il ne s’agissait pas de faire disparaître les paradoxes, mais d’apprendre à composer avec eux. De transformer ce qui résistait en information utile, et ce qui contrariait en point d’appui pour ajuster ses décisions.

Ce qui a irrité a souvent obligé à ralentir. Ce qui a contrarié a parfois évité des impasses plus coûteuses. Et ce qui a bousculé a fait évoluer des postures, des décisions et des manières de diriger.

Il ne s’agit pas d’idéaliser l’adversité. Personne ne la recherche pour elle-même. Mais il est difficile d’ignorer que ce sont souvent ces zones de frottement qui transforment durablement une manière de décider, de piloter et de se relier aux autres.

Comme l’écrivait Friedrich Nietzsche :

« Ce qui ne me tue pas me rend plus fort. »

À condition d’entendre cette force non comme une dureté accrue, mais comme une capacité élargie.

Ce que 2025 semble avoir demandé, au fond, ce n’est pas de serrer les dents, mais d’apprendre à mieux lire ce qui se présentait, à canaliser l’énergie plutôt qu’à la disperser et à aller vers plus de justesse, même lorsque le chemin n’était ni linéaire ni évident.

La suite, nous ne savons pas de quoi elle sera faite. Mais nous savons mieux comment y passer, avec plus de discernement, une intensité mieux maîtrisée et une relation plus mature à ce qui résiste.

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